
Endurance moto · 24H Barcelona · 11–12 juillet 2026
Derrière les casques, ce que les chronos ne racontent pas
Version française
Les 24H Moto Barcelona Catalunya 2026 resteront comme une édition menée à un rythme exceptionnel. Sur le Circuit de Barcelona-Catalunya, les vainqueurs ont parcouru 780 tours, nouveau record de l’épreuve, sans la moindre intervention de la Safety Car pendant toute la course. Une épreuve presque sans interruption, où chaque minute passée dans le box coûtait immédiatement plusieurs positions.
Pour Shift-R Media Lab, ce week-end s’est vécu en immersion complète. Pendant trois jours, j’ai partagé le quotidien de la Nawak Racing Team #33, au plus près de ses pilotes, de ses mécaniciens et de tous ceux qui structurent une équipe taillée pour l’endurance.
Je n’étais pas venu simplement photographier une moto en piste. Je voulais documenter tout ce que les chronos, le nombre de tours ou la vitesse maximale ne montrent pas.

© Shift-R Media Lab — Dans le box, les regards précèdent souvent les mots.
Un week-end d’endurance commence bien avant le départ.
Dans le box, chacun connaît sa place. Les mécaniciens effectuent les dernières vérifications. Les pilotes observent les écrans, relisent les informations, ajustent leur équipement ou restent silencieux, plongés mentalement dans chaque virage. Les gestes sont précis, les échanges courts. Tout a déjà été répété, mais personne ne peut prévoir ce que les prochaines vingt-quatre heures imposeront réellement.
À cet instant, les visages racontent davantage que les mots. Il y a la concentration, l’impatience, parfois une inquiétude contenue. Le départ n’a pas encore été donné, mais la course a déjà commencé pour l’équipe.

© Shift-R Media Lab — La #33 entre en piste. Le récit collectif commence.

© Shift-R Media Lab — La Nawak Racing Team #33 réunie autour de sa Yamaha.
Pour la Nawak Racing Team #33, les premières heures ont rapidement effacé les plans établis. Du désir de victoire à la tentation de l’abandon.
Trois chutes sont venues frapper l’équipe dès le début de l’épreuve. Trois retours au box. Trois moments où il faut constater les dégâts, comprendre, démonter, réparer et décider si repartir reste encore possible et raisonnable.
En endurance, une chute ne concerne jamais uniquement le pilote qui était sur la moto. Elle traverse chaque membre de l’équipe.
Elle atteint celui qui revient de piste, marqué physiquement et mentalement. Elle atteint les mécaniciens, qui doivent transformer la déception en gestes rapides et précis. Elle atteint les autres pilotes, qui attendent leur relais sans savoir exactement dans quel état se trouvera la machine. Elle atteint enfin les proches, silencieux devant une situation qu’ils ne peuvent pas contrôler.
Le classement s’éloigne. Le travail, lui, doit continuer.



© Shift-R Media Lab — Lire, comprendre, intervenir : les heures invisibles de l’endurance.
L’endurance ne laisse pas beaucoup de place aux longues discussions.
Il faut examiner la moto, remplacer ce qui peut l’être, vérifier ce qui ne se voit pas immédiatement et repartir. Autour de la #33, les mains travaillent pendant que les regards cherchent déjà la prochaine solution.
C’est dans ces moments que la véritable structure d’une équipe apparaît.
Pas dans une photographie officielle parfaitement alignée. Pas dans un résultat publié après l’arrivée. Elle apparaît lorsque ses membres doivent rester lucides, se coordonner et recommencer alors que le scénario espéré vient de disparaître.

© Shift-R Media Lab — Réparer vite, sans laisser la fatigue remplacer la précision.
La moto retourne en piste. Puis elle revient. L’équipe intervient encore.
Chaque passage dans le box raconte la même question : continuer tant que continuer reste possible, ou abandonner ?

© Shift-R Media Lab — La #33 retrouve la piste et ses combats.

© Shift-R Media Lab — Autour de la course, d’autres veillent dans l’ombre.
Au milieu du week-end, une nouvelle est tombée.
Ailleurs, un moteur venait de s’éteindre pour toujours.
Pour plusieurs membres de l’équipe, cette disparition n’était pas une information lointaine. Elle concernait quelqu’un de proche. Pendant quelques instants, la course, les positions et les temps au tour ont perdu toute leur importance.
Il n’y avait rien à photographier de spectaculaire. Seulement des silences, des regards et des corps qui se rapprochent parce que les mots ne suffisent plus.
Ces moments demandent une autre manière de travailler. Il ne s’agit plus de chercher une image forte à tout prix. Il faut comprendre la distance à conserver, attendre et parfois renoncer à déclencher.
Documenter une équipe de l’intérieur, c’est aussi accepter que la confiance accordée compte davantage que la photographie.

© Shift-R Media Lab — Il faut parfois continuer, même lorsque l’essentiel n’est plus sur la piste.

© Shift-R Media Lab — À la tombée du jour, vingt-quatre heures semblent encore plus longues.

© Shift-R Media Lab — La #33 lancée à pleine vitesse sur le Circuit de Barcelona-Catalunya.
À mesure que les heures passent, les visages changent.
La fatigue marque les traits. La poussière, la chaleur et les interventions successives laissent leurs traces. Ceux qui, quelques heures auparavant, attendaient le départ avec excitation portent désormais le poids des événements sur leurs visages.
Les casques des mécaniciens deviennent presque une seconde peau. Ils protègent pendant les ravitaillements, mais ne cachent ni l’épuisement ni les émotions.
Dans le box, chacun surveille, calcule, écoute et attend. Un pilote se prépare pendant qu’un autre tente de récupérer. Un membre de l’équipe suit les temps. Un mécanicien reste penché sur la machine. Les proches observent sans pouvoir intervenir.
Toutes ces scènes semblent secondaires lorsqu’on regarde uniquement le classement. Elles sont pourtant la matière même d’une course d’endurance.



© Shift-R Media Lab — L’attente, l’échange, puis le besoin de se rapprocher.
Une ligne de résultat peut indiquer le nombre de tours effectués, les passages au box et la position finale. Elle ne peut pas raconter les heures nécessaires pour parvenir jusque-là.
Elle ne montre pas les réparations.
Elle ne montre pas la peur après une chute.
Elle ne montre pas les mains qui tremblent une fois l’urgence passée.
Elle ne montre pas les étreintes entre ceux qui ont traversé les mêmes heures.
À Barcelone, la Nawak Racing Team #33 n’a pas seulement participé à une course de vingt-quatre heures. Elle a vécu une succession d’épreuves sportives, mécaniques et humaines qui ont constamment déplacé la frontière entre compétition et solidarité.
La photographie permet de conserver cette histoire autrement qu’à travers un tableau de résultats.


© Shift-R Media Lab — Ce que les classements ne peuvent pas contenir.
La piste apporte les images de vitesse, d’angle et de dépassement. Elles sont indispensables. Elles montrent la raison pour laquelle toute l’équipe s’est déplacée jusqu’à Barcelone.
Mais ce sont les images réalisées autour de la piste qui donnent leur véritable sens aux premières.
Un pilote qui revient au box.
Un mécanicien qui cherche une solution.
Un regard qui attend une réponse avant même que quelqu’un ose parler.
Deux membres de l’équipe qui se prennent dans les bras.
Derrière les casques, il reste les hommes. Et derrière chaque moto qui passe devant les tribunes, il existe une équipe entière dont le travail, les doutes et les émotions restent le plus souvent invisibles.
C’est cette histoire que j’ai voulu raconter avec la Nawak Racing Team #33 aux 24H de Barcelone.
Merci à toute la Nawak Racing Team #33 pour sa confiance, son accueil et l’accès accordé au cœur du box. Merci aux pilotes, aux mécaniciens et à tous les proches de l’équipe d’avoir accepté la présence de mon objectif dans les moments de tension comme dans les instants les plus intimes.
Votre team prépare une course d’endurance en France ou ailleurs en Europe ? Construisons un reportage complet, de l’action en piste aux moments humains du box.
Parler de votre projetEnglish version
The 2026 24H Moto Barcelona Catalunya will be remembered as an exceptionally fast edition. At the Circuit de Barcelona-Catalunya, the winners completed 780 laps, setting a new event record, with no Safety Car intervention throughout the entire race. It was an almost uninterrupted contest in which every minute spent in the garage immediately cost several positions.
For Shift-R Media Lab, this weekend was experienced from the inside. For three days, I shared the daily life of Nawak Racing Team #33, staying close to its riders, mechanics and everyone who gives an endurance team its structure.
I was not there simply to photograph a motorcycle on track. I wanted to document everything lap times, distance covered and top speed cannot show.

© Shift-R Media Lab — Before the start, faces often say more than words.
An endurance weekend begins long before the start.
Inside the garage, everyone knows their place. Mechanics carry out the final checks. Riders watch the screens, review information, adjust their equipment or remain silent, mentally running through every corner. Movements are precise and conversations are short. Everything has been rehearsed, yet nobody can predict what the next twenty-four hours will truly demand.
At that moment, faces reveal more than words. There is concentration, impatience and sometimes restrained concern. The start has not been given yet, but the race has already begun for the team.


© Shift-R Media Lab — The motorcycle and the people behind it.
For Nawak Racing Team #33, the opening hours quickly erased the original plan. The desire to fight for victory gave way to the temptation to stop.
Three crashes struck the team early in the event. Three returns to the garage. Three moments to assess the damage, understand, dismantle, repair and decide whether going back out was still possible and sensible.
In endurance racing, a crash never affects only the rider who was on the motorcycle. It travels through every member of the team.
It reaches the rider returning from the track, physically and mentally marked. It reaches the mechanics, who must turn disappointment into fast, precise action. It reaches the other riders waiting for their stint without knowing what condition the motorcycle will be in. It also reaches the families and friends, silent in front of a situation they cannot control.
The classification moves away. The work still has to continue.



© Shift-R Media Lab — Reading, understanding and acting: endurance racing’s invisible hours.
Endurance racing leaves little room for long discussions.
The motorcycle must be inspected, damaged parts replaced, hidden problems checked and the machine sent back out. Around the #33, hands keep working while eyes are already searching for the next solution.
This is when the true structure of a team becomes visible. Not in a perfectly arranged official photograph, and not in a result published after the finish. It appears when tired people must stay clear-headed, coordinate and begin again after the expected scenario has disappeared.
The motorcycle returns to the track. Then it comes back. The team intervenes again.


© Shift-R Media Lab — Sometimes you have to keep going, even when what matters most is no longer on the track.
In the middle of the weekend, news arrived.
Elsewhere, an engine had fallen silent forever.
For several members of the team, this was not distant news. It concerned someone close to them. For a few moments, the race, the positions and the lap times lost all importance.
There was nothing spectacular to photograph. Only silences, looks and bodies moving closer because words were no longer enough.
These moments require another way of working. The objective is no longer to seek a strong photograph at any cost. You have to understand the distance to maintain, wait and sometimes decide not to press the shutter.
Documenting a team from the inside also means accepting that the trust you have been given matters more than the photograph.

© Shift-R Media Lab — The race continues as daylight fades.

© Shift-R Media Lab — The #33 at full speed on the Circuit de Barcelona-Catalunya.
As the hours pass, faces change.
Fatigue marks every feature. Dust, heat and repeated interventions leave visible traces. The people who waited for the start with excitement now carry the weight of the weekend on their faces.
Mechanics’ helmets become almost a second skin. They protect them during refuelling stops, but they cannot hide exhaustion or emotion.
Inside the garage, everyone watches, calculates, listens and waits. One rider prepares while another tries to recover. A team member follows the timing screens. A mechanic remains bent over the motorcycle. Families and friends observe without being able to intervene.
These scenes may appear secondary when only the classification is considered. Yet they are the very substance of an endurance race.



© Shift-R Media Lab — Waiting, sharing and holding each other together.
A result line can show the number of laps completed, pit stops and final position. It cannot tell the story of the hours required to get there.
It does not show the repairs. It does not show the fear after a crash. It does not show shaking hands once the emergency has passed. It does not show the embraces between people who have lived through the same hours.
In Barcelona, Nawak Racing Team #33 did not simply take part in a twenty-four-hour race. The team experienced a succession of sporting, mechanical and human trials that constantly shifted the boundary between competition and solidarity.
Photography preserves that story in a way a results table never can.


© Shift-R Media Lab — What no classification can contain.
The track provides images of speed, lean angle and overtaking. They are essential. They show why the entire team travelled to Barcelona.
But the images made away from the track are what give those action photographs their real meaning: a rider returning to the garage, a mechanic searching for a solution, a look waiting for an answer before anyone dares to speak, and two team members holding each other.
Behind the helmets, the people remain. Behind every motorcycle passing the grandstands, there is a whole team whose work, doubts and emotions usually remain invisible.
That is the story I wanted to tell with Nawak Racing Team #33 at the 24H Moto Barcelona Catalunya.
Thank you to everyone at Nawak Racing Team #33 for their trust, their welcome and the access granted at the heart of the garage. Thank you to the riders, mechanics and everyone close to the team for accepting my camera during the tense moments as well as the most personal ones.
Is your team preparing for an endurance race in France or elsewhere in Europe? Let’s build a complete visual story, from track action to the human moments inside the garage.
Discuss your projectBesoin d’un photographe pour raconter une course d’endurance, un pilote ou une team en France ou partout en Europe ?
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